Les Jeux Olympiques d’Atlanta

GÈrard Bosc

Revue E.P.S, nƒ262, 1996

Ambiance GÈnÈrale

Les JO d’Atlanta 96 (en l’occurrence ceux du Centenaire) se sont dÈroulÈs dans l’ambiance prÈvue : celle d’un immense souk o˜ se sont pressÈs des millions de personnes (1M de spectateurs par jour sur tous les sites rÈunis les jours pleins). Pour accueillir cette foule plutÙt bon enfant des installations Ènormes ; pour le basket le gigantesque Georgia DÙme immense coupole de 72.000 places rÈservÈes gÈnÈralement au football amÈricain et pour l’occasion divisÈe en deux parties : une pour la gymnastique et la finale du hand et l’autre (soit 35.000 siËges) pour le basket. Ignorant tout des autres ‘’gr’ce’’ a des ‘’mÈdias’’ uniquement axÈs sur leurs nationaux, les AmÈricains, sympathiques et chaleureux, comme ý l’accoutumÈe, ont une nouvelle fois fait la preuve qu’ils savaient conjuguer affaires et sport : records d’affluence battus (les finales se sont respectivement dÈroulÈes devant 35.000 (hommes) et 32.997 (femmes) spectateurs, stands de nourriture et de gadgets pris d’assaut, ‘’royalties’’ des TV 3 fois plus importantes qu’ý Barcelone...

Par surcroÓt, et il n’y eut dans ce domaine encore, aucune surprise, les 2 sÈlections US ont remportÈ la mÈdaille d’Or.

Le Tournoi masculin

Les USA

La ‘’Dream Team’’ a semble-t-il fait son temps. La troisiËme du nom n’a fait rÍver personne (ý la diffÈrence de celle de Barcelone 92). Il faudra donc que les experts en marketing trouvent autre chose.

Ceci Ètant Ècrit, cette Èquipe dirigÈe par Lenny Wilkens, - le coach de l’Èquipe ‘’pro’’ locale - a pratiquÈ un basket suffisamment supÈrieur (mÍme s’il fut parfois hÈsitant) pour conserver, en toutes circonstances, ses adversaires ý distance respectueuse. Comment pouvait-il en Ítre autrement avec ce groupe uniquement composÈ de ‘’stars’’ (trËs prÈoccupÈes par leurs temps de jeu !) Èvoluant ý domicile ?

MÍme si la rÈsistance de certains fut trËs convenable (on pense ý la Yougoslavie en finale...) les matches se dÈroulËrent sur le mÍme scÈnario : 1Ëre mi-temps rel’chÈe puis - pression collective en dÈfense, maÓtrise des rebonds, jeu rapide et en quelques secondes les ‘’breaks’’ Ètaient faits...

Certains joueurs sont cependant ‘’passÈs au travers’’ et plus particuliËrement Olajuwon (dit ‘’The Dream’’) qui fut totalement transparent alors que Barkley (meilleur amÈricain avec 81,5 % de moyenne aux tirs), S. Pippen (le ‘’lieutenant’’ de M. Jordan - qui avait dÈclinÈ la sÈlection - ý Chicago) et David Robinson (dit ‘’l’Amiral’’ car diplÙmÈ de West Point) rÈussissent un excellent tournoi. Ce dernier dÈjý prÈsent aux JO. de SÈoul 88 (o˜ les USA, avec une Èquipe d’universitaires classique, s’Ètaient retrouvÈs seulement en bronze) rÈussit une finale dÈterminante (28 points, 7 rebonds) tout comme Reggie Miller ou John Stockton (le seul blanc..) et Anfernee Hardaway qui firent honneur ý leur rÈputation de passeurs.

Les amÈricains ont donc une fois de plus dÈmontrÈ leur supÈrioritÈ incontestable... mais ils ont reconnu que les ‘’autres’’ et singuliËrement les EuropÈens Ètaient en rÈels progrËs.

Yougoslavie

Champion d’Europe 95 ý AthËnes aprËs avoir ÈtÈ absents des compÈtitions internationales pour cause d’embargo, les serbo-montÈnÈgrins avaient l’intention de rÈaliser de grands JO. Ils l’avaient annoncÈ ; ils l’ont fait. B’tie autour du charismatique Divac - pivot NBA des Los Angeles Lakers - et de P. Danilovic cette Èquipe soudÈe et complËte ý l’intÈrieur - avec outre Divac (2.15), Javic (2.05) et Rebraca (2.11) - comme ý l’extÈrieur avec des tireurs redoutables (A. Djordjevic et Bodiroga) a rÈussi un parcours pratiquement sans problËmes - sauf le 1er jour contre la GrËce - mais avec un + 72 historique contre la Chine, avant de se trouver face aux USA pour la finale. Dans ce match serrÈ jusqu’ý 15 minutes de la fin, les ‘’Yougos’’ de Zelinir Obradovic ont montrÈ sans faiblir qu’il ne fallait plus regarder jouer les maÓtres amÈricains. En rÈpondant du tac au tac dans le domaine de l’engagement, de l’adresse et de la filouterie auront contraints les AmÈricains ý se dÈcouvrir... et les arbitres ý siffler de maniËre Èquitable malgrÈ l’Ènorme pression populaire.

Peut-on penser que si la ‘’vraie’’ Yougoslavie (celle des CE de Rome en 91) conduite par D. Petrovic le Croate, tragiquement dÈcÈdÈ, et le coach serbe Ivkovic) avait pu Ítre alignÈe, les USA auraient davantage tremblÈ ?

Lituanie

TroisiËmes ý Barcelone (92) puis seconds du dernier CE ý AthËnes 95, ils ont comme ý leur habitude alternÈ le banal et le sublime. Les ‘’talents’’ de l’Èquipe sont connus: l’exceptionnel Sabonis (2.20), le prestigieux meneur Marcioulionis et d’autres comme le vÈtÈran (36 ans), Kurtinaitis ou le brillant ailier Karnishovas (2.04), bien connu des franÁais.

Avec cette Èquipe dirigÈe par Garatsas, coach historique du Zalguris Kaunas et des jeunes issus des sÈlections espoirs, tout ÈtÈ possible. La mÈdaille de bronze reprÈsente une belle rÈcompense pour les Baltes qui auraient pu accÈder ý la finale, s’ils n’avaient pas ‘’coincÈ’’ dans les 3 derniËres minutes de leur rencontre contre les "Yougos" (66 - 58) pendant lesquelles ils ne purent inscrire 1 point !

Par ailleurs, la blessure de Marcioulenis et la pauvre utilisation du banc (sur lequel manquait Ilgauskas en dÈlicatesse avec le staff technique) ont certainement pesÈ sur le rÈsultat... malgrÈ tout excellent.

Australie

HabituÈs des compÈtitions internationales (les Australiens n’ont pas de rivaux dans leur zone) les ‘’Boomers’’ ne font jamais de la figuration (4Ëme finales ý SÈoul, 5Ëme au CM de Toronto 95). Ils terminent ý nouveau 4Ëme.

TrËs solides, et adroits (Heal / Gaze), ils auront une fois de plus rÈussi leur tournoi gr’ce ý leur pugnacitÈ et leur jeu ordonnÈ, et sans complexe. Ayant ÈvoluÈ par rapport ý leurs sorties prÈcÈdentes. Ils dÈveloppent un basket beaucoup moins mÈcanique. Leur excellent match contre la Croatie en º de finale leur ouvre des perspectives en vue des prochains JO qui auront lieu chez eux ý Sydney pour saluer l’an 2000.

Le groupe des 5 - 8

GrËce, BrÈsil - dont " l’incassable " Oscar Schmitt, 35 ans, 5 participations aux JO, avec 3 premiËres places de ‘’top scoreur’’ ; SÈoul 88 (42,3 pts), Barcelone (24,8 pts) et Atlanta (27,4 pts) - Chine - qui ne semble pas progresser mÍme s’ils prÈsentËrent un pivot intÈressant : Wang Zhizhi (2.14 et 17 ans), reÁoit un visiteur inattendu : la Croatie ; finalistes ý Barcelone et possÈdant des joueurs de grand talent (Kukoc, Radja, Tabak, Vrankovic frËres...). Les Croates ont manquÈ leurs J.O ; leur dÈfaite en º de finale contre l’Australie (73 - 71) - sur un tir ý 3 Pte suivi d’un lancer-franc ý 30 secondes de la fin -a rÈvÈlÈ leur manque d’esprit de groupe en plus d’une pauvretÈ de jeu dÈsarmante.

Le groupe des 9 - 12

CorÈe du Sud, Argentine, Porto Rico, Angola sont des Èquipes dont le niveau est infÈrieur ý celui des europÈennes absentes : Russie (Vice-Championne du Monde), Espagne, Italie... et certainement France dont il faut dire qu’avec les quotas actuels (il y avait 4 places pour notre continent ý Atlanta), elle aura des difficultÈs ý participer aux Jeux dans l’avenir car le basket europÈen masculin s’avËre - hors USA - Ítre le meilleur du monde. Le challenge en sera d’autant plus excitant.

Le Tournoi FÈminin

USA

ConquÈrantes aux rebonds, aux passes dÈcisives, aux gains de balle et au pourcentage de rÈussite ý 2 pts, les AmÈricaines ont dominÈ les feuilles de statistiques et finalement le tournoi. Plus, elles ont vÈritablement reprÈsentÈ ‘’le basket amÈricain’’ et rempli ý la fois leur contrat sportif (reprendre le titre perdu ý Barcelone 92)... et publicitaire. En effet les experts - marketing - considËrent qu’aux Etats Unis, le marchÈ est prÍt ý accueillir le basket ‘’pro’’ fÈminin. Ces jeux ont donc servi de lancement ý une ligue fÈminine (American Basketball Ligue) qui dÈbutera ý la mi-octobre 96 et sera concurrencÈ en 97 par la Women National Basketball Association Èmanation de la NBA.

Ce fut en dÈfinitive un succËs absolu... et un rÍve rÈalisÈ aprËs un an de travail commun, et plus de 100.000 kms parcourus aux quatre coins du monde. Le public ne s’y trompa pas et fit un triomphe ý cette Èquipe gÈnÈreuse dans l’effort, enthousiaste et pratiquant, il faut bien l’avouer un basket de rÍve. La ‘’Dream Team’’ c’Ètait elles : un groupe de filles aux qualitÈs complÈmentaires, soudÈes, bien conduite sur la touche (coach : Tara Van Derveer) et sur terrain par TÈrÈsa Edwards (la ‘’Tarbaise, native d’Atlanta, mÈdaillÈe pour la quatriËme fois) possÈdant quelques joueuses dont Lisa Leslie (1.95) fabuleux pivot qui marqua 29 pts en finale (avec un 12 sur 14 aux shoots).

Le score de la derniËre partie (111 - 87) contre le BrÈsil, la haute valeur et la qualitÈ gÈnÈrale du tournoi ont constituÈ une vÈritable propagande pour le basket et le sport fÈminin en gÈnÈral.

BrÈsil

Les Championnes du Monde en titre (Sydney 94) se sont Ègalement montrÈes ý la hauteur de leur rÈputation avec une Èquipe pratiquement inchangÈe. Elles n’ont tremblÈ qu’une fois contre l’Italie (75 - 73) et sont arrivÈes assez aisÈment en finale. A ce stade - face ý celles qu’elles avaient ÈliminÈes, il y a 2 ans en ‡ finale du Mondial - elles furent balayÈes en dÈpit des efforts de leurs joueuses intÈrieures tentant de compenser la dÈfection de leurs extÈrieures vedettes (Hortensia et Paula) complËtement coincÈes par la dÈfense hermÈtique des amÈricaines. Les sud-amÈricaines eurent jusqu’ý 31 pts de retard mais ne cÈdËrent que pied ý pied.

Australie

les Australiennes ont franchi un nouveau palier dans la hiÈrarchie mondiale. MÈdaillÈes de bronze pour la 1Ëre fois de leur histoire, elles se sont montrÈes aussi tenaces et volontaires que leurs homologues garÁons. Avec un jeu trËs engagÈ et beaucoup moins statique que par le passÈ, elles ont nÈgociÈ leurs rencontres importantes avec intelligence; vaincues en poule par l’Ukraine (48 - 54) , elles prirent leur revanche pour les places æ (66 - 56). Auparavant, elles avaient ÈliminÈ les Russes de la course au podium ; cette rencontre de º de finale de trËs haute qualitÈ (74 - 70) mit en valeur S. Brondello et M. Timms (qui jouaient en Allemagne la saison passÈe).

On remarquera dans les statistiques finales que cette Èquipe n’obtient des scores ÈlevÈs que dans les rebonds (particuliËrement offensifs...) et les gains de balle. Les spÈcialistes apprÈcieront...

Ukraine

Nouvelles venues dans le concert mondial (Èclatement des pays de l’Est oblige) mais dÈjý Championnes d’Europe 95, les ukrainiennes ont obtenu... la plus mauvaise place ; elles conservent nÈanmoins leur rang au niveau de leur continent mÍme si celui-ci ne domine plus le basket fÈminin comme par le passÈ.

Quoi qu’il en soit aprËs son faux pas (sans frais qui annulait sa victoire sur l’Australie...) contre la CorÈe du Sud (67 - 72), lors des poules, cette Èquipe a battu difficilement l’Italie (74 - 70) avant de chuter sans appel contre le BrÈsil en ‡ finales (60 - 81) puis contre l’Australie pour le bronze, malgrÈ les efforts de Jirko, Nazarenko ou Silyanova.

On imagine sans mal la sÈlection qu’aurait prÈsentÈe l’URSS (mÈdaille d’Or ý Barcelone sous l’appellation de CEI) ý Atlanta et l’opposition qui en aurait rÈsultÈ. Les ÈvÈnements du monde en ont dÈcidÈ autrement.

Les places de 5 - 8

La Russie - n’a pas rÈalisÈ un mauvais parcours, mais elle a perdu... de trËs peu (70 - 74) le match clef de ce tournoi. Ce º de finale fut d’ailleurs un des meilleurs match de la quinzaine et YÈlÈna Bakanova et ses camarade Summikova ou Nikovona et P. Chikova contrariËrent longtemps les australiennes.

Rappelons qu’en match prÈparatoire au dÈbut juillet, les AmÈricaines avaient ÈtÈ accrochÈes trËs sÈrieusement par les russes (79 - 80).

Cuba - pratiquant un basket trËs athlÈtique et trËs engagÈ ý l’image de Yamilet Martinez 10 rebonds et 20 pts par match !; gagnant seulement 3 matches, dont 2 faciles et un contre la formation italienne amoindrie, leur place est bien payÈe !

Italie - la dÈception du Ítre forte pour cette belle Èquipe qui n’a pas digÈrÈ ses 2 petites dÈfaites de poules contre le BrÈsil (73 - 75) et la Russie (70 - 75). AprËs la dÈfaite contre l’Ukraine en º de finale (59 - 50) le groupe a ÈtÈ incapable de redresser la barre.

Le groupe des 9 - 12

Dans ce groupe, on retrouve - avec surprise - les chinoises, Vice-Championne du Monde et mÈdaille d’argent ý Barcelone, qui ont totalement ratÈ leur tournoi malgrÈ la prÈsence de leur ‘’arme absolue’’ un pivot de 2.09 et 100 kg Zheng Hai Xin (18 pts - 9 rebonds).

Les autres Èquipes : La CorÈe du Sud, le ZaÔre (le basket africain est en gros progrËs) et le Canada (qui avait donnÈ une meilleure impression au Championnat du Monde), sont ý leur place.

LES ENSEIGNEMENTS

Si l’observation du plus haut niveau demeure toujours une indication fiable pour situer l’Èvolution du jeu, Atlanta aura confirmÈ les tendances observÈes depuis quelques annÈes.

- Les Èquipes les meilleures possËdent des joueurs aux qualitÈs athlÈtiques de plus en plus affirmÈes et pratiquant ý partir de dÈfenses trËs serrÈes et trËs solidaires (pression sur la balle, rotations dÈfensives et/ou changement de joueurs, prises ý 2) un jeu d’attaque basÈ sur l ’engagement individuel et la vitesse.

- Tentative dans un premier temps de rÈussite par le jeu rapide puis ý partir d’un positionnement traditionnel strict (1-4, 1,2,2...) recherche:

- pour les porteurs de balle: de l’efficacitÈ immÈdiate; soit par 1c1 direct ou ý la suite d’un Ècran, soit par des pÈnÈtrations " en cascade " pour attirer ý soi un ou plusieurs adversaires.

- pour les non porteurs: utilisation des Ècrans les uns pour les autres (gÈnÈralement ý l’opposÈ de l’action) pour se dÈmarquer et recevoir la balle en bonne position de tir (on verra de trËs nombreuses fixations intÈrieures se terminer par une passe en direction d’un tireur embusquÈ derriËre la ligne des 6M25).

- L’ensemble peu lisible en terme de systËmes de jeu est spectaculaire mais paraÓt dÈbridÈ surtout lorsque la maladresse aidant, certains joueurs continuent de " jouer ý l’inspiration " retombant dans les travers du jeu libre, avatar du jeu par lecture, qui suppose, rappelons-le, un contrÙle individuel ÈlevÈ.

- L’arbitrage a ÈtÈ plutÙt bon en s’adaptant ý la taille, ý la vitesse et ý la puissance des joueurs. Coups de sifflets brefs, gestes trËs comprÈhensibles, interventions fermes (sur les charges-passages en force-en particulier).

Reste que les tolÈrances en dÈfense sur les antennes sont en contradiction avec la rËgle... qu’il faudra supprimer (toucher un adversaire avec les mains) ou faire appliquer.

ConsÈquences pÈdagogiques

Peut-on dire qu’en s’inspirant du plus haut niveau gr’ce ý la mise en Èvidence des grands principes qui gouvernent le jeu(1) on gagnerait du temps sur les apprentissages ? En somme que ce qui s’apprend traditionnellement par empilement et t’tonnements s’apprendrait plus rapidement et mieux parce que l’enseignement serait donnÈ ý partir :

- de la comprÈhension globale du jeu (reprÈsentation mentale par tous les acteurs de l’ensemble terrain joueurs)

- de l’acceptation de la prise de risque dans les passes, les tirs, dont de l’erreur admise comme facteur de progrËs

- du perfectionnement des savoir-faire techniques justes nÈcessaires ý la rÈsolution d’un problËme posÈ par une situation donnÈe, isolÈe, travaillÈe puis restituÈe dans le jeu.

Peut-on penser que cette dÈmarche pragmatique attirera les entraÓneurs ? On peut l’espÈrer... mais il faudra du temps car ils devront modifier leurs approches. En effet :

- si les techniques fondamentales sont les mÍmes, elles sont utilisÈes selon les besoins et les niveaux (c’est ý dire que certaines choses ne seront pas enseignÈes...) et non plus sous forme de catalogue, ...

- le " beau geste " n’Ètant pas forcement le " bon geste " les Èducateurs s’efforcent de dÈvelopper les qualitÈs des individus et de gommer leurs dÈfauts.

C’est ainsi qu’ils ne dÈsirent pas des joueurs sachant tout bien faire le plus rapidement possible mais des joueurs sachant rÈpondre aux situations qui leur sont proposÈes par le jeu

Par ailleurs, il ne faut pas se cacher que cette pÈdagogie induit des comportements plus proches de l’autoritÈ, de compÈtence ou relationnelle que de l’autoritÈ hiÈrarchique.

Elle demande donc de la fermetÈ certes, mais Ègalement beaucoup de disponibilitÈ d’esprit.

Enfin elle suggËre le renoncement au modËle d’apprentissage le plus rÈpandu aujourd’hui: l’associationnisme : ce dernier, d’autant plus prÈgnant qu’il est d’inspiration anglo-saxonne, a donc de beaux jours devant lui...

(1) cf. pour une conception de l’entraÓnement au profit d’une philosophie du jeu E.F.S. nƒ243, Oct-Nov, 1993.